EDITO : Quel pouvoir souhaite-t-on donner au numérique ?

En ce début d’année et pour préparer cet édito, j’avais choisi un certain nombre de thèmes autour desquels digresser : L’incontournable grève par exemple, sous l’angle Mais à qui profite le crime ?d’un point de vue économique s’entend. Elle ne profite certainement pas à la majorité des commerçants et restaurateurs (en tout cas à Paris), même si certains magasins de proximité ont pu connaître de bonnes surprises. Il est vraisemblable que le e-commerce s’en sorte mieux, en tout cas moins mal. Côté bénéficiaire il y a a coup sûr les ventes de vélos – qu’ils roulent à l’huile de mollet ou avec l’aide de l’électricité – et autres moyens de transport urbain. La grève profite aussi à certains métiers du transport (taxis et autres plateformes ou sites de co-voiturage et de location, mais aussi l’avion…). En tout cas, elle précipite dans l’agenda des décideurs les dossiers de l’aménagement des voies de circulation en ville, de la mobilité pendulaire – déplacements boulot / dodo – et donc du télétravail dans des tiers lieux. D’ailleurs le slogan de la RATP est Demandez-nous la ville…  Or j’ai la conviction que c’est un sujet bien trop important pour le laisser à la seule RATP !
Dès lors que je ne goûte pas à l’exercice des prédictions ou prévisions – oui, la nuance existe et elle est importante – pour l’année à venir, j’ai vite chassé ce thème…
Alors j’aurais pu vous parler du projet hautement controversé d’aménagement de la gare du Nord : au-delà des querelles d’architectes, et comme sur le sujet de la grève au début de cet édito, il est question de transport et de commerce, et le débat me semble être très actuel par rapport aux enjeux de la société et de l’économie – et donc forcément du marketing.
Mais en fait, j’ai été interpellé par la lecture d’une tribune parue dans Le Monde cette semaine et consacrée à la technologie numérique : François-Xavier Petit, historien et anthropologue, y parle de ce que le numérique, en mettant l’accent sur l’efficacité, a aussi changé dans nos vies – l’exemple du GPS qui donne le chemin mais ne nous apprend rien de la géographie ou de la ville, contrairement aux cartes d’antan, me semble parlant. Il insiste pour que le numérique ne soit pas que de la technique, de la rationalité et de la fonctionnalité. Sans tomber dans un discours passéiste, il propose que la technologie intègre les aspects sociaux, sociétaux, humains, culturels ou éthiques. Un beau sujet de marketing, n’est-ce pas ?
Je vous souhaite une excellente année 2020, et vous encourage à rester optimiste !

Florent ARGENTIER
Président du Cercle Marketing Client

Illustration : pochette d’un album de 1977 du musicien Mandré