EDITO : Paradoxes autour du Black Friday, du retail et de Google…

Ce dernier billet de l’année me permet de revenir sur certains paradoxes qui m’ont interpellé ces derniers jours.
Il en est ainsi de la fête du commerce, le Black Friday qui, soit dit en passant, représente l’antithèse du marketing client : matraquer de la réduction comme tous les autres, sans souci de se différencier, de cibler, de fidéliser, de raconter une histoire à ses clients. Ces derniers n’ont jamais dépensé autant à cette occasion que cette année, et pourtant jamais ce type d’action commerciale (je n’ai pas écrit commerçante) n’a été autant contesté – voir sans doute boycottée, mais je ne dispose pas de chiffres là-dessus !
Autre paradoxe, observé et mesuré aux Etats-Unis (voir le rapport Fabernovel) mais qui me parait plausible pour la France : les difficultés du commerce en magasins, illustrées par de nombreuses fermetures ces dernières années, et qui sont souvent le fait d’enseignes établies. Paradoxalement le dynamisme du secteur s’illustre aussi par des ouvertures en quantité. Et si on y regarde de plus près, ces ouvertures de magasins sont le fait d’enseignes qui ne viennent pas du monde traditionnel du retail : ce sont pour beaucoup des enseignes digitales (les fameuses DNVB, Digital Marketing Vertical Brands) qui ouvrent des points de vente, ou plutôt des points de rencontre avec leur marché, lesquels permettent de renforcer l’attractivité de la marque, de rassurer le client, et de développer les ventes… en ligne.
Autre aspect intéressant souligné par l’étude, les fermetures se produisent plutôt sur le marché du moyen de gamme, tandis que les enseignes low-price et luxe se portent bien mieux. Si c’est aussi le cas en France, ce qui ne m’étonnerait pas, cela fait écho à la crise sociale de couleur jaune que traverse le pays, non ?
Enfin, dernier paradoxe que je trouve assez… piquant : Cette semaine je découvre dans ma boîte aux lettres (la vraie), joint à mon quotidien préféré, le premier numéro d’un magazine nommé [Azerty], édité par… Google. D’autres avant moi ont souligné le paradoxe à voir Amazon et consorts s’approprier le support papier. Pour ma part je m’en réjouis (dès lors que c’est fait de manière raisonnée, cela va de soi) ! Mais ce qui m’a le plus interpellé c’est le thème de ce Numéro 1 : La sécurité numérique : se protéger en ligne, pourquoi et comment.
Sacré paradoxe, non ? Culotté même !
Je vous souhaite une fin d’année et des fêtes aussi agréables que possible,

Florent ARGENTIER
Président