Edito : Vous avez dit Uberisation ?

La nouvelle économie accouche continuellement de néologismes qui, à défaut d’être élégants, ont le mérite d’illustrer parfaitement les concepts qu’ils désignent. C’est le cas de l’un des derniers en date, uberisation (faut il une majuscule ? un tréma sur le u, un accent sur le e ? Attendons l’entrée sans doute prochaine du mot dans le Robert, le Larousse ou Wikipedia pour le savoir), dont l’inventeur serait Maurice Lévy. Celui-ci révélait la peur de tout entrepreneur, quel que soit son secteur d’activité, de voir son modèle économique mis à mal par un nouvel entrant cassant les règles établies. Ce fut le cas il y a bien longtemps pour l’industrie musicale (puis la plupart des activités artistiques) et celle des transports aériens, et aucun secteur n’est à ce jour épargné.

Qui sont les bénéficiaires de ces nouveaux modèles ? On aime nous faire accroire que ce sont les consommateurs… Ceux qui sont à la recherche d’un prix bas, très certainement ; pour ceux qui recherchent la qualité, on dira que ça dépend. Ce ne sont en tout cas que trop rarement les salariés ou… les Etats qui se demandent encore comment capter une part des revenus ou des profits. Le décryptage fait par Anne Baradat du modèle bleu blanc rouge à succès du Bon Coin (voir par ailleurs) est une illustration réussie (car  répondant à un besoin) de ce que sont les nouveaux modèles qui se fondent  sur les communautés et le partage. Les entreprises (ou secteurs d’activités) qui se sont ainsi trouvés « uberisés » par Le  Bon Coin sont légion, amusez-vous à les compter…
Au plaisir de se rencontrer au cours de l’un des prochains événements organisés par le CMD, à Paris ou en région !

Florent Argentier
Président