Oh my Snap !

Nicolas Latour le 17 janvier 2017
lunettesspectacles

Depuis sa création en septembre 2011, Snapchat est un véritable phénomène auquel je ne croyais absolument pas. Force est d’admettre que j’étais déjà à l’époque un visionnaire : en 5 ans, Snapchat est en effet passé de 127 utilisateurs à 301M d’utilisateurs(1), dont 50M DAU (Daily Active Users) en Europe. Ce sont environ 9000 photos qui sont partagées chaque seconde sur Snapchat et plus de 10 milliards de vues vidéos chaque jour ! En France, ce sont 8 millions d’utilisateurs actifs chaque jour et 9,6 millions d’utilisateurs chaque mois(2).

En 2012, Snapchat rejetait une offre d’achat de 3 milliards de dollars de Facebook et cette année, son fondateur, Evan Thomas Spiegel – qui n’a que 26 ans – prévoit une introduction en bourse qui pourrait valoriser Snapchat 25 milliards de dollars. Rappelons toutefois que Snapchat capte aujourd’hui entre 2% et 4% des investissements publicitaires digitaux alors que Google et Facebook représentent entre 75% et 85% de ces investissements.

Snapchat s’est non seulement imposé comme l’application vedette des moins de 25 ans mais a surtout réussi à s’emparer du marché de la vidéo, devenue aujourd’hui un vecteur essentiel de la communication et du partage d’informations entre personnes.

Aussi, après avoir réussi à imposer la vidéo verticale (alors que tous les puristes diront que filmer verticalement est un sacrilège), de nombreux experts s’accordent à penser que Snapchat peut également parvenir à faire de la réalité augmentée un standard. C’est ici l’un des principaux enjeux qui se cache derrière le lancement des Spectacles, ces lunettes qui, pourvues de caméras frontales, capturent l’environnement pour le partager aisément sur le réseau social. Alors que le prix de base est de seulement 129$, ces lunettes s’arrachent déjà de l’autre côté de l’Atlantique.

Certes, Snapchat propose depuis un moment des filtres en réalité augmentée, qui permettent à ses utilisateurs de se transformer en zombie, en princesse ou encore en taco… En novembre dernier, Snapchat faisait un pas de plus en permettant à ses utilisateurs d’utiliser la réalité augmentée par le biais de la caméra principale de leurs smartphones.

En outre, en s’emparant de Cimagine, une start-up israélienne spécialisée dans la réalité augmentée sur le secteur du commerce, dont la technologie permet d’afficher des objets en réalité augmentée sans marqueurs ni appareil spécial, Snapchat affiche de plus en plus clairement ses ambitions et cela n’étonnerait finalement personne de voir en 2017 une paire de Spectacles à réalité augmentée. D’ailleurs Snapchat n’hésite plus à se présenter comme une société d’appareils photo et de lunettes et le récent recrutement de Ralph Diaz, auparavant responsable du Retail chez Oakley, vient renforcer le nouveau positionnement du réseau social.

N’oublions pas ici que les consommateurs attendent plus que jamais une expérience unique, une expérience que peut ré-enchanter la réalité augmentée ; pour répondre à cette exigence d’imaginaire réclamée de plus en plus par les consommateurs, Snapchat, avec ses Spectacles, entend jouer les tout premiers rôles. Ce qui ne manquera pas d’intéresser les marques qui souhaitent communiquer auprès de la cible des jeunes… Pour quel marketing relationnel ? C’est en 2017 qu’on va voir tout cela.

Bref, Snapchat n’a donc pas fini de nous étonner !

(1)Chiffres novembre 2016
(2)Chiffres septembre 2016

Nicolas LATOUR anime un atelier Snapchat Mode d’emploi le 25 janvier 2017 : Pour en savoir plus

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Nicolas Latour

Expert du marketing Consumer-to-Business et très impliqué sur le sujet de l’e-santé, Nicolas Latour est diplômé de l’ICN Business School de Nancy et a débuté sa carrière à Montréal (Canada) en rejoignant le plus grand éditeur Internet francophone.

En 1998, il participe à l’intégration du moteur de recherche Google dans un site francophone, La Toile du Quebec, ce qui est une première mondiale.

Quelques années plus tard, Nicolas Latour rejoint MagicAxcess, une start-up basée à Paris et spécialisée dans la certification électronique. Ensuite, Nicolas occupe entre 2003 et 2013 différentes fonctions au sein de plusieurs marques parmi lesquelles Calvin Klein, Raymond Weil et Lacoste pour ne citer qu’elles.

En 2014, Nicolas Latour crée Fingal, une agence en transformation et innovation digitale, invitant ses clients à ré-enchanter l’expérience utilisateur.

Expert Scientipôle, Nicolas Latour intervient également auprès des étudiants en Master Design et Management du Luxe à l’ICN CN Business School.

Il est invité régulièrement à participer à des conférences et à des tables rondes pour notamment partager sa vision de la transformation digitale.